jeudi 10 octobre 2019

CE BAISER


CE BAISER

Ce n’est pas celui
qui claque sur la joue,
ni celui qui l’effleure,
ce n’est pas celui
que l’on emploie
tous les jours
pour dire bonsoir
où dire bonjours.

Je voudrais vous parler
d’un baiser,
celui que j’ai conservé,
dans ma mémoire,
c’est le plus doux,
c’est le plus tendre.

C’était la rentrée,
j’avais dix ans,
nous étions assis
sur le même banc,
j’admirais ses cheveux
et son joli cartable,
elle rangeait ses cahiers
et ses crayons,
elle avait un plumier
où était écrit son nom.
Elle me regardait
par-dessous ses paupières,
me jugeait sûrement,
elle m’a dit : je m’appelle
Jacqueline, quel est votre
prénom ?
j’hésitais pour lui dire
et en baissant les yeux :
c’est Orso,
elle a éclaté de rire
et pour me consoler
m’a embrassé.


C’était un petit baiser
qui est encore là
dans ma mémoire,
c’était le plus doux,
c’était le plus tendre.

Orso










A CELLES


A CELLES

Que j’ai aimé sans rien dire,
celles qui me faisaient rêver
le jour, la nuit,
celles que je voulais séduire,
où sont-elles aujourd’hui ?

Elles ont maintenant mon âge,
sans doute des cheveux blancs,
je revoie leurs visages
lorsque elles avaient 18 ans

Elles étaient belles,
je les admirais,
se souviennent-elles
de ce garçon
qui les regardait.

J’ai rencontré une d’elles,
elle habitait mon quartier,
c'était une de celles
que j’admirais.

Pardon, Madame,
vous souvenez-vous :
je suis ce jeune homme
qui ne regardait que vous.

Monsieur, vous venez
de me rappeler ce passé
magnifique :
on riaient, on dansaient,
on rêvaient,
et nous savions
que vous nous regardiez.

ORSO


mardi 8 octobre 2019

LE POÈTE PERDU

  LE POÈTE PERDU

On le voyait dans son coin,
près du grand lavoir,
il ne demandait rien,
on passait sans le voir.
Il avait encore sa veste,
son pantalon de velours,
de vieilles chaussettes
avec des trous partout.
Il regardait autour de lui,
espérant reconnaitre un ami,
qui, avant, chantait avec lui.
Il fredonnait quand même,
avec sa petite voix,
les chansons, les poèmes,
qu’il chantait autrefois.
 
Un matin, une colombe grise
s’est posée sur son bras,
il l’a entendu lui dire : 
mon ami me voilà,
il faut chanter encore,
je chante avec toi.


Alors, comme un ressort,
il s’est levé
et dans un ultime effort,
il s’est mis à chanter.


Les passants s’arrêtaient
encore près de lui,
ils avaient reconnu
le poète perdu.


Orso le 16 mai 2013.

SI ON M'ECOUTAIT

SI ON M’ECOUTAIT
J’ai tellement encore à dire,
mes souvenirs se bousculent,
ils  voudraient bien sortir,
mais je n’ai que ma plume
pour vous les offrir.
Alors, j’imagine :
un grand feu de bois
et tous mes amis,
autour de moi.

Je leurs raconterai
mes belles rencontres,
celles que j’ai gardées
et jamais dévoilées.
Je leurs dirai comment,
en prenant mon temps,
vivaient mes grands-parents.
Je leur raconterai,
l’ histoire
de ma grand-mère,
celle où elle devait mesurer
la distance entre la terre
et le ciel azuré.

Je pourrai même leur
avouer
l'état de mes caresses
et de mes baisers.

Ils vont bien s'amuser,
lorsque je dévoilerai
tous
mes petits secrets.

Si on m’écoutait
je n’arrêterai jamais
de raconter…..
ORSO LE 5 MARS 2017

vendredi 4 octobre 2019

A V A N T IL Y AVAIT



IL Y AVAIT
 
Il y avait une fontaine
qui offrait son eau,
il y en avaient même
qui buvaient au goulot.
Il y avait des ombrages
sous les marronniers,
les enfants du village
 venaient y jouer.
Il y avait le Verdon
qui coulait lentement
avec plein de poissons
dedans.
Il y avait des moutons,
il y avait deux bergers,
il y avait des chiens
en liberté.
Il y avait des mures noires
sur les chemins,
des figues blanches
et du beau raisin.
Il y avait un forgeron
qui tapait sur l’enclume,
un épicier qui vendait
ses légumes.
Il y avait un lavoir
qui attend toujours
les coups de battoir
et les cancans du jour.
Il y avait une église
sans curé
et des maisons toujours
fermées.
Il y avait des chansons,
des rires et
du bonheur
 dans chaque maison.
 Artignosc sur Verdon
Le 2 mai 2014

jeudi 3 octobre 2019

TROIS CONSEILS


Trois conseils
J'ai vieilli avant vous,
j'ai donc une expérience
de la vie, des amours
et de la patience.

Aussi, comme je ne suis pas avare,
je vais vous donner trois petits conseils:
Le premier, c'est aimer
ceux qui vous entourent,
le second, c’est écrire
ce qu’on ne peut dire
le troisième c’est pleurer
avec ceux qui ont mal.

Je prends un exemple:
lorsque près de vous,
vous entendez son coeur
qui bat de grands coups.
dis-lui qu'elle est belle,
qu’elle vous rend fou.

Si vous êtes timide,
écrivez sur un papier,
des mots très intimes
qui la feront frissonner.

Il reste le dernier conseil,
pleurez avec elle
quand elle a du chagrin,
ne la laissez pas seule
tenez lui la main.

Ecoutez ce vieux bonhomme
qui n'a pas fait tout çà
et aujourd'hui regrette,
mais il est un peu tard.


Orso


MON AMI


Mon ami

Comme tous les jours,
allant me promener,
je regardais toujours
ces hommes débraillés
avec des paquets autour.
Ils buvaient et fumaient,
je me disais toujours
qu'ils avaient de l'argent
pour.

Hier matin, je passais,
ne voulant pas les voir,
une voix a crié:
Ho, Paul!

Surpris, je m'arrêtais,
je regardais mieux
on m'interpelait,
c'était un vieux monsieur.

Il s'approcha de moi,
en titubant un peu,
il n'avait plus de dents
et les larmes aux yeux.

Je suis Dédé, ton vieil ami
bien sur j'ai changé
ma femme est partie,
elle a déménagé.

Depuis je suis trop seul
et pour oublier, je bois,
je rigole et je pleure
les deux à la fois.

J'ai pleuré avec lui,
le voyant malheureux,
car nous étions des amis
et nous étions heureux.

Orso











LE CHENE VERT


Le chêne vert

Je me suis arrêté
au pied de ce vieil arbre
qui me regardait passer;
ce matin j’ai voulu lui parler.

Il est plus vieux que moi,
il a subit plein de tempêtes,
mais il se maintient droit,
du haut de ses 20 mètres.

Il a vu tant d’amoureux
creuser des promesses,
sur son tronc noueux,
un cœur et une flèche
plantée au milieu.

Que viens-tu faire, mon ami,
sous mon ombrage?
j’arrive à la fin de ma vie,
mes jambes me lâchent,
mon cœur est meurtri.
Je suis venu, te demander:
comment fais-tu
pour vivre aussi longtemps,
moi, je suis vieux et usé,
je n’ai que 89 ans.

J’ai vécu plusieurs guerres,
mais j’ai résisté,
j’ai baissé la tête
lorsque le vent soufflait,
j’ai connu la misère,
j’ai vu les gens se battre,
je les ai vu pleurer.
Ils connaîtront mon âge,
lorsqu’ils m’abattront,
en comptant les cercles
inscrits dans mon tronc.

Toi, tu es encore jeune,
tu n’as même pas 100 ans,
j’ai fait mon petit compte:
j’ai plus de 1.000 ans.

Viens me voir, quand tu veux,
je suis là pour longtemps.

Orso





















LE BEL AUTOMNE


Le bel automne

Je voudrais te décrire l'automne,
son silence, ses tons, ses couleurs,
trouver les phrases qui sonnent,
te communiquer mon bonheur.

Je voyais les feuilles rougir,
tenir sur leurs tiges fragiles,
attendre, avant de mourir,
attendre, tu allais venir.

Tu avais besoin de savoir,
ce que je ne pouvais écrire,
il te fallait monter et voir,
voir, écouter, ne rien dire,
marcher dans cette nature,
toucher ces rameaux luisants,
respirer l'air vif et pur,
profiter de ces instants.

Aujourd'hui le vent qui passe
va détruire ces jolis tableaux,
l'hiver viendra avec sa glace,
mais mon Dieu que c'était beau.

Orso


POESIE


Voici trente ans que je la connais,
c’était là-haut, dans ce village,
je rêvais, j’écrivais,
je remplissais des pages,
j’essayais d’écrire à ma belle,
mais les mots qui venaient
n’étaient pas dignes d’elle.

Le feu , qui près de moi chantait,
sa bouche grande ouverte,
attendait, patientait
pour brûler mes lettres.
Puis, tout à coup,
elle est arrivée,
venant je ne sais d’où,
par où est- elle passée ?
sans rien me dire,
elle est venue près de moi,
elle a pris ma plume
et a guidé mes doigts.
Voici comment écrire,
lorsque tu veux lui dire
que tu l’aimes.

Depuis toutes ces années,
elle est là, me conseille,
je ne peux plus m’en passer,
j’ai toujours besoin d’elle.
Quelques fois, elle s’en va,
plusieurs jours,
sans me dire où elle va,
mais elle est là toujours,
lorsque j’écris pour toi.

Je ne sais pas qui l’à appelée ainsi,
mais je peux vous le dire
aujourd’hui,

Elle s’appelle:

Poésie




BELLE

BELLE

Lorsque j’ai quitté la ville,
pour vivre chez elle,
je ne savais pas
qu’elle était aussi belle.
Le premier matin, à mon réveil,
j’ai voulu voir cette merveille :
elle était couverte de rosée
et de toiles d’araignées
pour se protéger.
J’ai eu peur de son silence,
je regardais autour de moi,
j’étais seul dans cet espace,
je frissonnais de joie.
Puis, un chant d’oiseau,
celui d’une cigale,
le bruit d’un ruisseau :
c’était son langage.
C’est avec ces petits bruits
qu’elle s’exprime,
c’est avec ses parfums
qu’elle vous enivre.

J’ai vécu longtemps
tout près d’elle,
j’y pense souvent,
car elle me rappelle
de délicieux moments.

Orso



















QUI FRAPPE A LA PORTE ?


QUI FRAPPE A LA PORTE


Qui frappe à la porte,
il est plus de minuit ?
regarde
qui ose nous réveiller,
si tard dans la nuit ?
Ouvre lui, quand même,
car il fait froid,
offre-lui ta soupe,
mais prend garde à toi.

Ce n'est pas un homme,
mais une femme,
qui tient dans ses bras
un jeune enfant.

Ouvre vite, place les
près du feu,
ajoute une bûche
pour les chauffer mieux.

C'est le Bon Dieu
qui nous les envoie,
depuis que nous pleurons
de n'avoir point d'enfant.

Attends, je me lève aussi,
je veux voir de mes yeux
ce cadeau bénit
qui arrive des cieux.





Soyez les bienvenus,
dans notre maison,
vous étiez attendus
depuis notre union.

Orso le 9 mars 2014